Comprendre sa fiche de paie
Une fiche de paie compte souvent plus de 40 lignes, mais sa logique est simple : on part du salaire brut, on retire les cotisations pour obtenir le net, puis l’impôt sur le revenu pour arriver à la somme versée sur votre compte. Ce guide explique chaque partie du bulletin en langage courant.
Votre bulletin sous les yeux ?
Déposez-le dans notre outil Expliquer ma fiche de paie : chaque ligne est reconnue et expliquée, directement dans votre navigateur, sans envoi de document.
Sommaire
- Du brut au net en 4 étapes
- Coût total de l’emploi et net payé : l’écart expliqué
- À quoi servent les cotisations ?
- L’en-tête du bulletin
- Fonction publique : ce qui change
- Le salaire brut
- Santé
- Accidents du travail et maladies professionnelles
- Retraite
- Famille
- Assurance chômage
- Autres contributions patronales
- CSG et CRDS
- Exonérations et allègements
- Autres retenues et remboursements
- Les totaux
- Impôt sur le revenu (prélèvement à la source)
- Informations complémentaires
- Ce qu’il faut vérifier chaque mois
- Questions fréquentes
Du brut au net en 4 étapes
- Salaire brut : salaire de base + heures supplémentaires + primes − absences.
- − Cotisations salariales (retraite, CSG, CRDS, mutuelle, prévoyance…), en général 20 à 25 % du brut dans le privé.
- = Net à payer avant impôt, après les éventuelles autres retenues (titres-restaurant, acompte…).
- − Impôt prélevé à la source = Net payé, la somme virée sur votre compte.
Au brut s’ajoutent les cotisations patronales (assurance maladie, chômage, famille, retraite…). Brut et cotisations patronales forment ensemble le coût total de votre emploi, indiqué sous la mention « Total versé par l’employeur ».
Coût total de l’emploi et net payé : l’écart expliqué
Le montant qui arrive sur votre compte n’est qu’une partie de ce que votre emploi coûte à l’entreprise. Entre les deux s’intercalent les cotisations patronales, les cotisations salariales et l’impôt sur le revenu. Le bulletin indique ce coût total sous la mention « Total versé par l’employeur » (on parle parfois de salaire « super brut »).
Exemple avec un bulletin fictif de technicien non-cadre (taux illustratifs) :
| Coût total de l’emploi | 3 620,51 € |
|---|---|
| − Cotisations patronales (après allègements) | 849,09 € |
| = Salaire brut | 2 771,42 € |
| − Cotisations salariales et autres retenues | 677,27 € |
| = Net à payer avant impôt | 2 094,15 € |
| − Impôt prélevé à la source | 74,36 € |
| = Net payé sur votre compte | 2 019,79 € |
Pour 100 € dépensés par l’employeur, le salarié reçoit ici 55,79 € sur son compte. L’écart de 1 600,72 € (44 % du coût total) n’est pas perdu : à part l’impôt, il finance la protection sociale du salarié, qui en bénéficie sous forme de droits à la retraite, de remboursements de soins, d’indemnités en cas d’arrêt ou de chômage.
À quoi servent les cotisations ?
Sur le même exemple, voici la répartition de l’ensemble des cotisations (1 665,75 € avant allègements), selon ce qu’elles financent. La retraite en représente à elle seule 46 %.
| Destination | Part salariale | Part patronale | Total | Part |
|---|---|---|---|---|
| Retraitevos droits à la retraite de base et complémentaire | 313,45 € | 459,50 € | 772,95 € | 46 % |
| Santéassurance maladie, mutuelle et prévoyance | 53,86 € | 247,86 € | 301,72 € | 18 % |
| CSG et CRDSSécurité sociale (maladie, famille, autonomie) et remboursement de sa dette | 269,35 € | 0,00 € | 269,35 € | 16 % |
| Chômageallocations chômage et garantie des salaires | 0,00 € | 110,86 € | 110,86 € | 7 % |
| Familleallocations familiales | 0,00 € | 95,61 € | 95,61 € | 6 % |
| Autres contributionslogement, transports, formation, autonomie | 0,00 € | 82,00 € | 82,00 € | 5 % |
| Accidents du travailaccidents et maladies professionnelles | 0,00 € | 33,26 € | 33,26 € | 2 % |
| Exonérations et allègements | -19,39 € | -180,00 € | -199,39 € | |
| Total des cotisations | 617,27 € | 849,09 € | 1 466,36 € |
Certaines cotisations (chômage, famille, accidents du travail) figurent uniquement en part patronale, d’autres (CSG, CRDS) uniquement en part salariale. Mais cette colonne ne dit pas qui les supporte réellement : voir ci-dessous.
Part salariale, part patronale : deux colonnes, une seule enveloppe
On présente souvent la part patronale comme « payée par l’employeur » et la part salariale comme « payée par le salarié ». C’est trompeur : toutes les cotisations sont prélevées sur la même enveloppe, le coût total de votre emploi. Pour l’entreprise, seul ce coût total compte ; pour vous, seul compte ce qu’il en reste une fois les cotisations et l’impôt prélevés.
La répartition entre les deux colonnes est une convention légale et comptable. Elle a des effets concrets mais limités : ce qui apparaît dans le brut, ce qui entre dans le revenu imposable, l’assiette de certains calculs. Sur la durée, augmenter une cotisation patronale ou la même cotisation salariale pèse de la même façon sur les salaires et sur l’emploi ; la différence tient surtout au court terme, parce que les salaires s’ajustent lentement. La réforme de 2018 l’illustre : les cotisations salariales chômage et maladie ont été supprimées et remplacées par une hausse de la CSG, sans que la protection des salariés change.
Et sur votre bulletin ? L’outil Expliquer ma fiche de paiecalcule cette répartition et l’écart entre coût total et net payé à partir de votre propre bulletin, sans l’envoyer nulle part.
L’en-tête du bulletin
Le haut de la fiche de paie identifie l’employeur (nom, adresse, numéro SIRET, code APE ou NAF, convention collective applicable) et le salarié (emploi, position dans la classification de la convention collective, date d’entrée). Il précise aussi la période de paie. Vérifiez votre emploi et votre classification : ils déterminent le salaire minimum auquel vous avez droit.
Fonction publique : ce qui change
- Trois colonnes : « À payer » (les gains), « À déduire » (cotisations et retenues), « Pour information » (cotisations patronales).
- Traitement indiciaire : indice majoré × valeur du point (4,92278 € par mois, inchangée depuis juillet 2023), complété par des primes et indemnités (résidence, supplément familial, ISAE pour les professeurs des écoles…).
- Retraite : la retenue pour pension civile (11,10 % du traitement) remplace la retraite de base et complémentaire du privé ; les primes cotisent à part au RAFP.
- Pas de cotisation chômage pour les fonctionnaires titulaires.
- Coût total élevé en apparence : la contribution de l’État aux pensions (plus de 80 % du traitement en 2026) finance l’ensemble des pensions déjà versées et n’est pas comparable aux cotisations du privé.
Voir un exemple commenté : bulletin fictif de professeur des écoles (bouton « Professeur des écoles »).
Le salaire brut
Le haut du bulletin détaille ce que vous avez gagné sur la période : salaire de base, heures supplémentaires, primes, absences éventuelles. Leur total forme le salaire brut, point de départ de tous les calculs.
- Salaire de base
- Votre salaire contractuel pour la période. Pour un temps plein, la base est souvent de 151,67 heures par mois (35 h × 52 semaines ÷ 12) multipliées par le taux horaire.
- Traitement brut (fonction publique)
- Le salaire de base d’un fonctionnaire : indice majoré × valeur du point. Le point vaut 4,92278 € brut par mois (inchangé depuis juillet 2023). L’indice dépend de votre grade et de votre échelon.
- Nouvelle bonification indiciaire (NBI)
- Points d’indice supplémentaires attachés à certains postes (responsabilités, technicité). Elle compte pour la retraite.
- Indemnité de résidence
- Complément de 0 %, 1 % ou 3 % du traitement selon la commune d’affectation, pour tenir compte du coût de la vie.
- Supplément familial de traitement (SFT)
- Complément versé aux agents ayant des enfants à charge ; son montant dépend du nombre d’enfants et, au-delà d’un enfant, du traitement.
- Heures supplémentaires
- Heures travaillées au-delà de la durée légale (35 h par semaine) ou de celle de votre contrat. Elles sont majorées (en général de 25 % pour les 8 premières, puis 50 %, sauf accord différent) et bénéficient d’une réduction de cotisations salariales. Elles sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € nets par an.
- Heures complémentaires
- Pour un temps partiel, heures effectuées au-delà de la durée prévue au contrat. Elles sont majorées d’au moins 10 %, puis 25 % au-delà d’un certain volume.
- Prime
- Somme versée en plus du salaire de base (ancienneté, objectifs, 13e mois, vacances…). Elle est en principe soumise aux cotisations comme le salaire, sauf dispositifs spécifiques (prime de partage de la valeur sous conditions, par exemple).
- ISAE (indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves)
- Indemnité des professeurs des écoles : 2 550 € brut par an, versée par douzièmes (212,50 € par mois à temps plein).
- ISOE (indemnité de suivi et d’orientation des élèves)
- Équivalent de l’ISAE pour les enseignants du second degré, avec une part fixe et une part modulable (professeur principal).
- Prime d’attractivité
- Prime des enseignants en début et milieu de carrière (échelons 1 à 9 de la classe normale), dégressive avec l’échelon.
- Indemnité REP / REP+
- Indemnité versée aux personnels affectés en éducation prioritaire, plus élevée en REP+.
- GIPA (garantie individuelle du pouvoir d’achat)
- Versement compensant, sous conditions, une hausse du traitement inférieure à l’inflation sur quatre ans.
- Indemnité compensatrice de la hausse de la CSG
- Instaurée en 2018 pour les agents publics, qui ne bénéficiaient pas de la suppression des cotisations salariales chômage et maladie censée compenser la hausse de la CSG.
- Indemnité différentielle
- Complément versé quand le traitement est inférieur au SMIC, ce qui arrive aux premiers indices depuis le gel du point.
- Transfert primes/points
- Depuis la réforme PPCR (2016-2017), une partie des primes a été convertie en points d’indice. Cette retenue sur les primes est la contrepartie des points ajoutés à votre indice, qui, eux, comptent pour la retraite.
- Absence
- Retenue sur salaire pour les heures ou jours non travaillés et non payés (absence injustifiée, congé sans solde, entrée ou départ en cours de mois, arrêt maladie avant maintien de salaire…).
- Indemnités journalières / maintien de salaire
- En cas d’arrêt de travail, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières. Si votre employeur pratique la « subrogation », il les perçoit à votre place et vous verse votre salaire, éventuellement complété : les deux lignes apparaissent alors sur le bulletin.
- Indemnité de congés payés
- Rémunération versée pendant vos congés payés, ou à la fin du contrat pour les congés non pris (indemnité compensatrice).
- Avantage en nature
- Valeur d’un bien ou service fourni gratuitement par l’employeur pour un usage privé (voiture, logement, repas…). Il est ajouté au brut pour calculer les cotisations et l’impôt, puis retiré plus bas puisque vous ne le touchez pas en argent.
- Salaire brut
- Le total de ce que vous avez gagné avant toute déduction. C’est le montant inscrit dans votre contrat de travail (pour le salaire de base) et la base de calcul de la plupart des cotisations.
- Congés payés pris
- Retenue pour les jours de congés posés ce mois-ci. Elle est compensée par la ligne « Indemnité de congés payés », calculée de la façon la plus avantageuse pour vous (maintien du salaire ou dixième de la rémunération annuelle).
Santé
Cotisations qui financent l’assurance maladie, votre complémentaire santé (mutuelle) et votre prévoyance (indemnités en cas d’arrêt long, d’invalidité ou de décès).
- Sécurité sociale – Maladie, maternité, invalidité, décèsPart patronale
- Finance l’assurance maladie : remboursement des soins, indemnités en cas d’arrêt, congé maternité… Depuis 2018, elle figure uniquement en part patronale (hors régime local d’Alsace-Moselle) : la part salariale a été supprimée et compensée par une hausse de la CSG.
- Complémentaire santé (mutuelle)Parts salariale et patronale
- Votre mutuelle d’entreprise, obligatoire dans le secteur privé. Au moins la moitié doit figurer en part patronale ; cette part patronale est ajoutée à votre net imposable.
- Prévoyance (incapacité, invalidité, décès)Parts salariale et patronale
- Assurance qui complète les indemnités de la Sécurité sociale en cas d’arrêt de travail long ou d’invalidité, et verse un capital à vos proches en cas de décès. Obligatoire pour les cadres, fréquente pour les autres salariés.
- Régime local Alsace-MosellePart salariale
- Cotisation salariale spécifique aux départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. En contrepartie, l’assurance maladie y rembourse mieux les soins.
- Protection sociale complémentaire (fonction publique)
- Participation de l’employeur public à votre complémentaire santé : forfait mensuel ou contrat collectif selon votre administration.
Accidents du travail et maladies professionnelles
Cotisation qui couvre les accidents et maladies liés au travail. Elle figure uniquement en part patronale.
- Allocation temporaire d’invalidité (ATI)Part patronale
- Contribution qui finance l’indemnisation des fonctionnaires gardant une invalidité après un accident de service ou une maladie professionnelle.
- Accidents du travail – Maladies professionnellesPart patronale
- Cotisation entièrement patronale. Son taux dépend du secteur d’activité et, dans les grandes entreprises, du nombre d’accidents passés.
Retraite
Cotisations qui vous ouvrent des droits pour votre future retraite : la retraite de base de la Sécurité sociale et la retraite complémentaire Agirc-Arrco (pension civile et RAFP pour les fonctionnaires). Elles comportent une part salariale et une part patronale.
- Sécurité sociale plafonnéeParts salariale et patronale
- Principale cotisation pour votre retraite de base. Elle est calculée sur votre salaire dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (4 005 € par mois en 2026). C’est elle qui vous fait valider des trimestres.
- Sécurité sociale déplafonnéeParts salariale et patronale
- Cotisation à la retraite de base calculée sur la totalité du salaire brut. Le taux salarial est faible ; elle complète la cotisation « plafonnée ».
- Complémentaire Tranche 1Parts salariale et patronale
- Retraite complémentaire obligatoire des salariés du privé (Agirc-Arrco), sur la part du salaire jusqu’au plafond de la Sécurité sociale. Les cotisations vous rapportent des points qui s’ajoutent à votre retraite de base. Elle inclut souvent la contribution d’équilibre général (CEG).
- Complémentaire Tranche 2Parts salariale et patronale
- Retraite complémentaire Agirc-Arrco sur la part du salaire comprise entre 1 et 8 plafonds de la Sécurité sociale (au-delà de 4 005 € par mois en 2026). N’apparaît que pour les salaires élevés.
- Contribution d’équilibre général (CEG)Parts salariale et patronale
- Contribution qui finance l’équilibre du régime Agirc-Arrco (notamment les départs avant l’âge du taux plein). Elle ne rapporte pas de points. Souvent intégrée à la ligne « Complémentaire Tranche 1 ».
- Contribution d’équilibre technique (CET)Parts salariale et patronale
- Contribution au régime Agirc-Arrco due sur les salaires supérieurs au plafond de la Sécurité sociale. Elle ne rapporte pas de points.
- APECParts salariale et patronale
- Cotisation des cadres qui finance l’Association pour l’emploi des cadres (conseil en carrière, offres d’emploi).
- Retenue pour pension civilePart salariale
- Cotisation retraite des fonctionnaires titulaires : 11,10 % du traitement indiciaire (et de la NBI). Elle remplace à la fois la retraite de base et la retraite complémentaire du privé ; les primes n’y sont pas soumises.
- Contribution employeur pension civilePart patronale
- Contribution de l’État au financement des pensions de ses fonctionnaires, fixée par décret à plus de 80 % du traitement indiciaire en 2026. Ce taux très élevé reflète le financement de l’ensemble des pensions en cours (bien plus de retraités par cotisant que dans le privé) : il ne correspond pas à un avantage individuel et n’est pas comparable aux cotisations du privé.
- Retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP)Parts salariale et patronale
- Régime par points qui complète la pension sur une partie des primes : 5 % en part salariale et 5 % en part patronale, sur les primes dans la limite de 20 % du traitement indiciaire.
- IrcantecParts salariale et patronale
- Retraite complémentaire des agents publics contractuels (non titulaires), qui cotisent par ailleurs au régime général de la Sécurité sociale.
Famille
Finance les allocations familiales. Elle figure uniquement en part patronale : elle n’apparaît pas en déduction du brut, mais fait partie du coût total de votre emploi.
- FamillePart patronale
- Finance les allocations familiales versées par la CAF. Elle figure uniquement en part patronale.
Assurance chômage
Finance les allocations chômage. Depuis 2018, elle figure uniquement en part patronale pour la plupart des salariés : la part salariale a été supprimée et compensée par une hausse de la CSG.
- AGS (garantie des salaires)Part patronale
- Assurance qui garantit le paiement de votre salaire si votre employeur fait faillite. Elle figure en part patronale.
- Assurance chômagePart patronale
- Finance les allocations chômage versées par France Travail. Depuis 2018, elle figure uniquement en part patronale pour la plupart des salariés : vous êtes couvert même si aucune part salariale n’apparaît.
Autres contributions patronales
Contributions qui figurent uniquement en part patronale (logement, transports, formation, autonomie…). Comme toutes les cotisations, elles font partie du coût total de votre emploi.
- Autres contributions dues par l’employeurPart patronale
- Contributions qui figurent uniquement en part patronale : aide au logement (FNAL), versement mobilité (transports en commun), formation professionnelle, taxe d’apprentissage, contribution solidarité autonomie, dialogue social… Elles font partie du coût total de votre emploi.
- Cotisations statutaires ou prévues par la convention collectiveParts salariale et patronale
- Cotisations imposées par votre convention collective ou un statut particulier (caisse de congés payés du BTP, prévoyance de branche…).
CSG et CRDS
Prélèvements sociaux qui financent la Sécurité sociale et le remboursement de sa dette. Ils sont calculés sur 98,25 % du brut (dans la limite de 4 plafonds de la Sécurité sociale), auquel s’ajoutent certaines participations de l’employeur.
- CSG déductible de l’impôt sur le revenuPart salariale
- Contribution sociale généralisée de 6,8 %, qui finance la Sécurité sociale. « Déductible » : elle n’est pas comptée dans votre net imposable, vous ne payez donc pas d’impôt dessus.
- CSG/CRDS non déductible de l’impôt sur le revenuPart salariale
- Partie de la CSG (2,4 %) et la CRDS (0,5 %), soit 2,9 % de l’assiette. « Non déductible » signifie que vous payez aussi de l’impôt sur ces sommes : elles sont réintégrées dans votre net imposable.
Exonérations et allègements
Réductions de cotisations prévues par la loi, par exemple sur les heures supplémentaires (part salariale) ou sur les salaires les plus modestes (part patronale).
- Réduction de cotisations salariales sur heures supplémentairesPart salariale
- Les heures supplémentaires et complémentaires bénéficient d’une réduction des cotisations de retraite salariales. Ce montant négatif vient augmenter votre net.
- Exonérations de cotisations employeurPart patronale
- Réduction des cotisations patronales prévue par la loi, notamment sur les salaires les plus modestes. Elle diminue le coût total de votre emploi, sans modifier le brut affiché.
Autres retenues et remboursements
Sommes déduites ou ajoutées après les cotisations : titres-restaurant, transport, acompte, remboursement de frais…
- Titres-restaurantPart salariale
- Votre part dans le financement des titres-restaurant (l’employeur paie le reste, entre 50 et 60 % de leur valeur). Elle est retirée de votre net, mais vous la récupérez sous forme de titres.
- Remboursement transport
- Prise en charge par l’employeur d’au moins 50 % de votre abonnement de transports en commun (obligatoire), ou forfait mobilités durables (vélo, covoiturage…). Ce montant s’ajoute à votre net et n’est pas imposable dans certaines limites.
- Remboursement de frais
- Remboursement de dépenses engagées pour votre travail. Ce n’est pas du salaire : pas de cotisations ni d’impôt dessus.
- Acompte
- Somme déjà versée en cours de mois à votre demande, déduite du salaire du mois.
- Saisie sur salaire
- Retenue ordonnée par la justice ou une administration (dette, pension alimentaire) et reversée directement au créancier. Une partie du salaire reste toujours insaisissable.
Les totaux
Le bas du bulletin donne les montants clés : ce qui vous est versé, ce qui est retenu pour l’impôt, ce que votre emploi a coûté au total.
- Total des cotisations et contributionsParts salariale et patronale
- Somme de toutes les cotisations. La part salariale est déduite du brut, la part patronale s’y ajoute ; les deux sont prélevées sur le coût total de votre emploi, et leur répartition est une convention légale.
- Totaux (fonction publique)Parts salariale et patronale
- Totaux de chaque colonne du bulletin public : « À payer » (votre brut), « À déduire » (cotisations et retenues), « Pour information » (cotisations patronales).
- Net à payer avant impôt sur le revenu
- Votre salaire après déduction de toutes les cotisations et retenues, mais avant le prélèvement de l’impôt sur le revenu. C’est le « vrai » salaire net, comparable d’un mois à l’autre quel que soit votre taux d’imposition.
- Net payé
- La somme réellement virée sur votre compte bancaire, après l’impôt sur le revenu.
- Montant net imposable
- La part de votre salaire soumise à l’impôt sur le revenu. Il est un peu plus élevé que le net à payer car il inclut la CSG/CRDS non déductible et la part patronale de la mutuelle, mais il exclut les heures supplémentaires exonérées.
- Montant net social
- Obligatoire depuis juillet 2023. C’est le revenu à déclarer pour demander le RSA ou la prime d’activité : il est désormais calculé de la même façon par tous les employeurs, ce qui évite les erreurs de déclaration.
- Total versé par l’employeur
- Le coût total de votre emploi ce mois-ci : le salaire brut plus les cotisations patronales, après allègements. C’est la mesure la plus complète de votre rémunération : toutes les cotisations, salariales comme patronales, et votre net en sont issus.
- Allègement de cotisations employeur
- Montant des réductions de cotisations dont a bénéficié votre employeur (réduction générale sur les bas salaires, exonérations diverses). Ces réductions diminuent le coût total de votre emploi.
- Évolution de la rémunération liée à la suppression des cotisations chômage et maladie
- Mention apparue en 2018 : le gain de salaire net dû à la suppression des cotisations salariales chômage et maladie, remplacées par une hausse de la CSG. Ce n’est pas une ligne de calcul, seulement une information.
- Réintégration fiscale
- Sommes que vous ne touchez pas mais sur lesquelles vous êtes imposé, en général la part patronale de la mutuelle. Elles sont ajoutées au net imposable.
Impôt sur le revenu (prélèvement à la source)
Depuis 2019, l’impôt sur le revenu est prélevé directement sur le salaire, avec le taux transmis par l’administration fiscale.
- Impôt sur le revenu prélevé à la sourcePart salariale
- Le montant d’impôt retenu ce mois-ci : net imposable × votre taux de prélèvement. Le taux est calculé par l’administration fiscale ; votre employeur se contente de l’appliquer et ne connaît pas vos autres revenus.
Informations complémentaires
Compteurs de congés, cumuls annuels et mentions légales.
- Congés payés
- Compteur de vos congés payés : 2,5 jours ouvrables acquis par mois travaillé (30 jours, soit 5 semaines, par an). « Acquis » = ce que vous avez gagné, « pris » = ce que vous avez posé.
- Cumuls annuels
- Totaux depuis le 1er janvier : brut, net imposable, heures… Utile pour vérifier votre déclaration de revenus.
Ce qu’il faut vérifier chaque mois
- Salaire de base : Il doit correspondre à votre contrat ou au dernier avenant, et ne jamais être inférieur au SMIC ni au minimum de votre convention collective.
- Traitement brut (fonction publique) : L’indice indiqué sur le bulletin doit correspondre à votre échelon actuel (vérifiez après chaque avancement).
- Heures supplémentaires : Comparez le nombre d’heures avec votre planning.
- Prime : Vérifiez que les primes prévues par votre contrat ou votre convention collective sont bien présentes.
- Absence : Vérifiez les dates et le nombre d’heures retenues.
- Congés payés pris : Vérifiez les dates et le nombre de jours, et que l’indemnité compense bien la retenue.
- Complémentaire santé (mutuelle) : Si vous avez demandé une dispense (mutuelle du conjoint, par exemple), cette ligne ne doit pas apparaître.
- Titres-restaurant : Le nombre de titres correspond-il à vos jours travaillés ?
- Net payé : Comparez-la au virement reçu sur votre compte.
- Montant net imposable : Le cumul annuel du net imposable est celui pré-rempli dans votre déclaration de revenus : vérifiez-le en fin d’année.
- Montant net social : Pour une demande de RSA ou de prime d’activité, reportez ce montant tel quel.
- Impôt sur le revenu prélevé à la source : Si le taux vous semble faux (changement de situation, nouveaux revenus), modifiez-le dans votre espace impots.gouv.fr ; l’employeur ne peut pas le faire.
- Congés payés : Vérifiez que les jours posés correspondent à vos demandes.
Bon à savoir
Le modèle de bulletin décrit ici, dit « clarifié », reste en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026. Un nouveau modèle simplifié est annoncé pour le 1er janvier 2027 ; ce guide sera mis à jour dès la publication de son contenu définitif. Les montants cités (plafond de la Sécurité sociale : 4 005 € par mois) sont ceux de 2026.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre salaire brut et salaire net ?
Le brut est le salaire avant toute déduction. Le net s’obtient en retirant les cotisations salariales (retraite, CSG, CRDS, mutuelle…), soit généralement 20 à 25 % du brut pour un salarié du privé. Le net payé tient compte en plus de l’impôt prélevé à la source.
Pourquoi le net imposable est-il plus élevé que le net à payer ?
Parce qu’il inclut des sommes que vous ne touchez pas mais sur lesquelles vous êtes imposé : la CSG/CRDS non déductible et la part patronale de la mutuelle. À l’inverse, les heures supplémentaires exonérées en sont retirées.
À quoi sert le montant net social ?
C’est le montant à déclarer pour une demande de RSA ou de prime d’activité. Obligatoire sur les bulletins depuis juillet 2023, il est calculé de la même façon par tous les employeurs.
Que faire si je trouve une erreur sur ma fiche de paie ?
Signalez-la par écrit à votre employeur ou à votre service RH, qui doit la corriger, en général sur le bulletin suivant. Un salaire non versé peut être réclamé pendant 3 ans.
Combien de temps faut-il conserver ses fiches de paie ?
Sans limitation de durée, comme le rappelle la mention obligatoire en bas du bulletin : elles peuvent servir à justifier vos droits à la retraite. L’employeur, lui, doit en conserver un double pendant 5 ans.
Pourquoi ma part de cotisation chômage est-elle à zéro ?
Depuis 2018, la cotisation d’assurance chômage figure uniquement en part patronale pour la plupart des salariés : la part salariale a été supprimée et compensée par une hausse de la CSG. Elle reste financée par le coût de votre emploi, et vous êtes couvert normalement.
Sources :plafond de la Sécurité sociale 2026 ·mentions obligatoires et report du bulletin simplifié ·valeur du point d’indice 2026 ·service-public.fr. Mis à jour le 12 octobre 2026. Ce guide est informatif et ne remplace pas l’avis de votre service RH ou d’un professionnel.